Gabbatha, où Jésus fut condamné

Par Joël Chédru le mardi, 11 décembre 2012. Publié dans Jésus ce célèbre inconnu, Blog

Gabbatha ! C'est là que se trouvait le tribunal public, où Ponce Pilate, gouverneur de la Judée à la solde de César et de l'empire romain, rendait son verdict.

C'est là que va se dérouler, en seulement quelques heures, (c'est dire la précipitation qui l'accompagne), le plus grand procès de l'histoire de l'humanité. Ce fut une dramatique parodie de justice, une action judiciaire profondément inique ; le but poursuivi n'étant pas de rendre la justice, mais bien d'éliminer Jésus, de le faire mourir.

 

Jésus va subir six interrogatoires successifs.

Tout d'abord devant les autorités religieuses juives :

  • Devant Anne, l'ancien Souverain Sacrificateur qui avait encore une grande influence et qui voulait interroger Jésus. Puis devant Caïphe, le Souverain Sacrificateur en fonction, auquel Anne l'avait renvoyé (Jean 18/13 à 24).

L'audience devant Anne, comme celle devant Caïphe, semble s'être tenue assez rapidement.

  • De nuit, devant le Sanhédrin (Corps gouvernemental juif constitué de 70 membres sous la présidence du Souverain Sacrificateur).

« Les principaux sacrificateurs et le sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus, pour le faire mourir, et ils n'en trouvèrent pas ; car plusieurs rendaient de faux témoignages contre lui, mais les témoignages ne s'accordaient pas » (Marc 14/55-56).

Malgré les fausses accusations lancées contre lui, Jésus « garda le silence » - « ne répondit rien » - « ne donna de réponse à aucune parole. » Sept fois les évangiles soulignent les silences de Jésus. Pierre a écrit dans sa première lettre (2/23) : « injurié, il ne rendait point d'injures, maltraité, il ne faisait point de menaces, mais s'en remettait à Celui qui juge justement. »

Loin de se défendre, Jésus a choisi de se taire, « comme une brebis muette devant ceux qui la tondent. » Il a choisi de souffrir afin de faire l'expiation de nos péchés par son sacrifice sur la Croix. Le prophète Esaïe l'avait annoncé plus de sept siècles auparavant : « Il a été maltraité et opprimé, et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; il n'a point ouvert la bouche » (53/7).

Jésus n’a rien dit pour se défendre en dénonçant les irrégularités de son procès particulièrement inique. Il a choisi de se taire. Il a choisi de souffrir. Il a choisi de mourir pour expier nos péchés et sauver notre âme de la perdition éternelle.

« Alors le Souverain Sacrificateur, se levant au milieu de l'assemblée, interrogea Jésus, et dit : Ne réponds-tu rien ? Qu'est-ce que ces gens déposent contre toi ? Jésus garda le silence, et ne répondit rien. Le Souverain Sacrificateur l'interrogea de nouveau, et lui dit : Es-tu le Christ, le Fils du Dieu Béni ? Cette fois, Jésus va répondre : « Jésus répondit : Je le suis... Alors le Souverain Sacrificateur déchira ses vêtements, et dit : Qu'avons-nous encore besoin de témoin ? Vous avez entendu le blasphème. Qu'en pensez-vous ? »

Jésus ne prononce aucune parole blasphématoire, il ne fait que proclamer la vérité, car c'est bien lui le Messie promis, l'envoyé de Dieu. Plus que quiconque, le Souverain Sacrificateur aurait dû le reconnaître.
« Tous le condamnèrent comme méritant la mort. Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage et à le frapper à coups de poing, en lui disant : Devine ! Même les serviteurs le frappaient en lui donnant des gifles » (Marc 14/60-65).

  • Au petit matin, devant le sanhédrin.

« Dès que le matin fut venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, pour le faire mourir » (Matthieu 27/1-2).

D'après les ordonnances juives, de telles assemblées étaient interdites de nuit. Les séances devaient avoir lieu au temple et non dans la maison du souverain sacrificateur, comme ce fut le cas pour Jésus (Luc 22/54). Faire à Jésus un procès juste et légal n'était pas leur préoccupation première. Le but qu'ils poursuivaient c'était de faire disparaître Jésus au plus vite. Le sanhédrin, qui n'avait pas le droit de faire exécuter une sentence de mort, décida donc, séance tenante, de conduire Jésus devant les autorités romaines afin qu'elles prennent en charge l'exécution de Jésus.

  • Devant le Gouverneur Ponce Pilate, la plus haute autorité romaine.

« Après l'avoir lié, ils l'emmenèrent, et le livrèrent à Ponce Pilate, le Gouverneur » (Matthieu 27/2).
Les chefs religieux avaient condamné Jésus pour des motifs religieux. Devant Ponce Pilate, l'autorité civile romaine, leurs accusations deviennent politiques : (Luc 23/2-3) « Nous avons trouvé cet homme excitant notre nation à la révolte, empêchant de payer le tribut à César. »

Pure calomnie puisque quelques jours auparavant, les religieux, lui tendant un piège, lui posèrent cette question : « Nous est-il permis ou non, de payer le tribut à César ? Jésus, apercevant leur ruse, leur répondit : Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ? De César, répondirent-ils. Alors Jésus leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Luc 20/22-25). Expression bien connue, que l'on trouve même dans la liste des proverbes français : « Il faut rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui est à Dieu : Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû. » (Larousse)

Autre question posée par Pilate à Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? Jésus lui répondit : Tu le dis. » Jean 18/36-37 ajoute cette parole de Jésus : « Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant, mon royaume n'est point d'ici-bas. Pilate lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. Pilate lui dit : Qu'est-ce que la vérité ? » (Jean 18/36-38).

« Pilate dit aux principaux sacrificateurs et à la foule : Je ne trouve rien de coupable en cet homme. Mais ils insistèrent et dirent : Il soulève le peuple en enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée où il a commencé jusqu'ici.

Quand Pilate, entendit parler de la Galilée, il demanda si cet homme était Galiléen ; et ayant appris qu'il était de la juridiction d'Hérode, il renvoya Jésus à Hérode, qui se trouvait aussi à Jérusalem en ces jours-là » (Luc 23/4-7).

  • Jésus devant Hérode, gouverneur de la Galilée.

« Lorsque Hérode (qui avait fait décapiter le prophète Jean-Baptiste : Matthieu 14/3-12) vit Jésus, il en eut une grande joie ; car depuis longtemps il désirait le voir, à cause de ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait qu'il le verrait faire quelque miracle. Il lui adressa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien. Les principaux sacrificateurs et les scribes étaient là, et l'accusaient avec violence. Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris ; et après s'être moqué de lui et l'avoir revêtu d'un habit éclatant, il le renvoya à Pilate. »

  • Jésus de nouveau devant Pilate.

Pilate n'aime pas les Juifs. Son mandat est marqué par la tyrannie et la cruauté dont il fit preuve à leur égard. Il se rendit odieux à leurs yeux, en massacrant des galiléens, venus à Jérusalem pour adorer Dieu, au moment même où ils offraient leurs sacrifices, « mélangeant le sang de plusieurs galiléens, à leurs sacrifices » (Luc 13/1). Partisan de la manière forte, Pilate n'hésita pas à faire couler le sang pour prévenir ou réprimer toute agitation.

Avec cette « Affaire Jésus », Pilate est sérieusement dans l'embarras. Il reconnaît que Jésus n'est aucunement coupable de toutes les choses dont les religieux l'accusent. Plusieurs fois, Pilate affirme au peuple son innocence. Il voudrait le relâcher, mais les Juifs ne l'entendent pas de cette oreille.

« Ayant assemblé les principaux sacrificateurs, les magistrats et le peuple, Pilate leur dit : Vous m'avez amené cet homme comme excitant le peuple à la révolte. Et voici, je l'ai interrogé devant vous. Je ne l'ai trouvé coupable d'aucune des choses dont vous l'accusez ; ni Hérode non plus, car il nous l'a renvoyé. Cet homme n'a rien fait qui soit digne de mort. Je le relâcherai donc après l'avoir fait battre de verge » (Luc 23/13-16).

« A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule. Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas arrêté pour meurtre commis dans une sédition. Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas ou Jésus qu'on appelle Christ ? Car il savait que c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus...

Ils répondirent : Barabbas. Pilate leur dit : Que ferais-je donc de Jésus, qu'on appelle Christ ? Tous répondirent : Qu'il soit crucifié ! Le gouverneur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore plus fort : Qu'il soit crucifié ! » (Matthieu 27/15-23).

Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient : Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César » (Jean 19/12). Excitée par les religieux, la foule augmenta la pression sur Pilate. Elle cria de plus en plus fort, et se servit du nom de l'empereur pour faire céder le gouverneur romain, qui craignait de perdre sa place et même sa vie si des bruits d'insurrection parvenaient à César.
« Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors, et il siégea au tribunal, au lieu appelé le Pavé, en hébreu Gabbatha.

Pilate dit aux Juifs : Voici votre roi. Mais ils s'écrièrent : Ôte, ôte, crucifie-le. Pilate leur dit : Crucifierai-je votre roi ? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n'avons de roi que César » (Jean 19/13-15).

Les chefs religieux sont tellement décidés à se débarrasser de Jésus que, malgré leur haine de l'occupant romain, ils crient que l'empereur est leur roi. Imaginez, dans un autre registre, que les Français aient crié pendant l'occupation allemande durant la seconde guerre mondiale, qu'Hitler était leur chef... !

Ils ont complètement perdu le nord. Leur vocation consistait à conduire le peuple d'Israël à Dieu, et voilà qu'ils font allégeance à César, un empereur profondément païen et cruel. Pour assouvir leur haine à l'égard de Jésus, ils demandent qu'on crucifie leur Messie !

« Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit : Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde » (Matthieu 27/24).
Pilate s'est lavé les mains mais pas la conscience. Il proclame son innocence mais sa responsabilité et sa culpabilité demeurent entières. Pour conserver la faveur de l'empereur, Pilate sacrifia Jésus et sa propre âme.
« Alors Pilate relâcha Barabbas ; et après avoir fait fouetter Jésus, il le livra pour être crucifié » (27/26).

La flagellation était un supplice horriblement cruel. Les soldats romains étaient armés de fouet à manche court avec deux lanières de cuir garnies à leurs extrémités de morceaux d'os ou de plomb, afin de rendre les blessures encore plus profondes. Sans aucun ménagement, pour ne pas dire avec fureur, les soldats romains, ils étaient parfois deux, frappaient violemment de leurs fouets, le dos dénudé du condamné, considéré comme un paria, rejeté de tous. Son sang coulait. Sa chair était littéralement labourée. « Des laboureurs ont labouré mon dos. Ils y ont tracé de longs sillons » (Psaume 129/3). Il n'était pas rare que des condamnés meurent sous les coups de fouets, avant même d'avoir été crucifiés.

Jésus savait qu'il subirait cet horrible supplice. Mais par amour pour nous, il a accepté de supporter un tel châtiment. Nous nous sentons vraiment indignes d'un tel amour. Mon langage est insuffisant, les mots me manquent, ils sont bien trop faibles pour dire les sentiments profonds de mon cœur ; je ne sais comment exprimer au Seigneur Jésus ma reconnaissance et mon amour, son amour pour nous est si grand, si prodigieux.

Cet amour-là, l'amour incommensurable de Dieu le Père et de son Fils bien-aimé Jésus, est aussi pour vous, oui pour vous ; croyez-le de tout votre cœur, faites-lui confiance, et vous le verrez aussi se manifester dans votre vie.

Comme si cela ne suffisait pas, Jésus va maintenant être tourné en dérision :

« Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d'un manteau écarlate. Ils tressèrent une couronne d'épines, qu'ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite ; puis, s'agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant : Salut, Roi des Juifs ! Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête. Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier » (Matthieu 27/27-31).

A la question de Pilate : « Es-tu de roi des Juifs ? », Jésus avait répondu : « Mon royaume n'est pas de ce monde... » Mais pour se moquer de Jésus et de sa royauté, pour le ridiculiser, ils lui firent subir de nouvelles brimades. Se saisissant du roseau qu'ils avaient mis dans sa main, ils frappaient sa tête coiffée d'une couronne d'épines qui s'enfonçaient dans son cuir chevelu, faisant ruisseler son sang sur un visage déjà défiguré par la douleur. (Esaïe 52/14).

Mais qu'a-t-il donc fait pour être traité comme un malfaiteur, comme un brigand, comme un criminel, comme un infâme ? Lui qui « allait de lieu en lieu en faisant du bien... » (Actes 10/38).

Au cours de son ministère, il a guéri de nombreux malades. Il a aimé, consolé, délivré, pardonné, sauvé. Ceux qui entendaient son message disait : « Jamais homme n'a parlé comme cet homme » (Jean 7/46). Ceux qui voyaient ses œuvres s'écriaient : « Il fait tout à merveille » (Marc 7/37). Il n'a jamais triché, ni menti, ni blessé ; il n'a jamais fait le mal sous quelque forme que ce soit. Et pourtant « Ils l'ont tué, en le pendant au bois » (Actes 10/39).

C'est vraiment la plus criante injustice que l'humanité ait jamais connue de tous temps !

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